Assurances auto : 2,2 milliards d’économies au printemps et des tarifs en hausse en 2021

L’Union française des consommateurs (UFC-Que Choisir) a dénoncé, dans un article publié mardi 17 novembre 2020, “l’enfumage des assureurs” auto/moto. Ces derniers ont réalisé 2,2 milliards d’euros d’économies au printemps dernier, en raison de la diminution du trafic sur les routes et donc de la baisse des accidents dédommagés, et conservent l’argent sans envisager de coup de pouce pour les assurés.

Malgré cette “manne” chiffrée il y a sept mois par l’association de consommateurs et confirmée depuis, les assureurs ne changent absolument pas leurs grilles tarifaires, réservant aux nouveaux clients les ristournes habituelles et ne prévoyant aucune aide aux assurés fidèles. L’UFC exige des assureurs qu’ils répercutent ses économies sur le porte-monnaie des clients, car ces “2,2 milliards d’euros [sont] bel et bien à rétrocéder“. Pire encore : elles vont augmenter leurs tarifs de 2% en moyenne au 1er janvier 2021 !

L’alibi d’un invraisemblable rebond des accidents avec le déconfinement, utilisé par les assureurs pour refuser toute rétrocession, précise l’UFC-Que Choisir, est donc aujourd’hui clairement contredit par la réalité des faits” : avant même le deuxième confinement, les accidents de la route ont chuté de 14% sur l’ensemble de l’année, représentant des baisses de primes de 50 euros par voiture et 29 euros par moto assurées.

Tableau des évolutions tarifaires réalisé par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir

Au vu des importantes économies effectivement occasionnées par les confinements, l’UFC-Que Choisir, déterminée à restituer aux assurés les trop perçus :

  1. Exige des assureurs et de leur fédération le respect de la parole donnée avec une stricte modération tarifaire des cotisations 2021 ;
  2. A défaut d’action de leur part, exhorte les pouvoirs publics à l’imposer ainsi qu’à mettre au pas le système pervers du « malus de fidélité » ;
  3. Dans cette attente, rappelle aux consommateurs la mise à disposition d’un courrier-type pour qu’ils continuent de réclamer une diminution du montant de leur cotisation et, plus largement, les invite à faire jouer la concurrence, notamment au profit des assureurs plus vertueux.

Les assureurs, qui en général n’ont pratiquement pas mis la main à la poche pour compenser les pertes, notamment pour dédommager les travailleurs indépendants, dues à la pandémie de Covid-19, ne sont pas prêts à faire un geste.

La balle est donc dans le camp du gouvernement qui devra choisir entre les puissants actionnaires du secteur de la bancassurance et les assurés lésés par l’évolution tarifaire. S’il n’y a aucune illusion à se faire sur l’action de l’exécutif macroniste, la colère populaire continuera de prendre de l’ampleur.

Benoit Delrue, le 18 novembre 2020