A Angers, la Mairie choisit de laisser des étudiants à la rue

Le matin du 24 octobre, la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mme Frédérique Vidal, se rendait à Angers pour une visite au campus de Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université d’Angers. A cette occasion, elle fut interpellée par un comité de mobilisation, composé de professeurs, de personnes de l’Université, d’étudiants de tous niveaux (licence, master et doctorats). Le but recherché par cet échange : l’interroger sur l’iniquité de la Loi de programmation de la recherche, les nombreux postes d’enseignants vacants à l’Université, mais aussi le problème des logements étudiants, qui manquent cruellement  dans la préfecture du Maine-et-Loire.

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Après les lits, l’autre chiffre choc de la saignée de l’Hôpital public en France

69.000 suppressions de lits en quinze ans, passage de 731 lits pour 100.000 habitants en 1980 à, quarante ans plus tard, 378 lits pour 100.000 habitants soit une division par deux… Le nombre de lits dans les hôpitaux publics français et en particulier dans les services de réanimation, qui arrivent à saturation en ce mois de novembre 2020, est au cœur d’une polémique en raison d’une chute drastique de la capacité d’accueil hospitalière.

Mais un autre chiffre, témoin de la saignée connue par l’Hôpital public français, interpelle – même s’il est moins médiatisé. C’est celui des suppressions nettes de postes dans ce secteur depuis 2008.

La fédération CGT des Organismes sociaux avance sur son site internet, en pied de page, le chiffre de 100.000 postes supprimés dans les hôpitaux en 8 ans.

Si l’on recoupe les sources, on s’approche effectivement de cette masse inédite de suppressions d’emplois.

Concernant uniquement l’hôpital public, 1.800 postes ont été supprimés en 2008, 9.800 supprimés en 2009, 20.000 en 2013 et 15.000 de plus en 2014, ce qui n’a toujours pas suffi aux yeux du gouvernement : entre 2015 et 2017, un plan d’économies de 3 milliards a supprimé 22.000 postes supplémentaires, tandis qu’en 2018, 15.000 suppressions de postes dans les hôpitaux se sont ajoutés.

Chiffres de la Fédération CGT des Organismes sociaux

Chacun peut prendre la calculatrice pour cette macabre addition : entre 2008 et 2018 inclus, ce sont donc 83.600 postes qui ont été supprimés dans le seul secteur public hospitalier. Derrière ces chiffres froids et bruts, il s’agit ni plus ni moins d’une saignée qui explique le mouvement de grève inédit lancé en 2019 auquel une cascade de services hospitaliers se sont joints, ainsi que l’impréparation terrible devant l’épidémie de Covid-19.

Bien sûr, on ne licencie pas à l’hôpital, notait l’Humanité en 2013. La pyramide des âges aidant, les départs en retraite vont se multiplier les cinq prochaines années, offrant une réduction « en douceur » des effectifs.Une “douceur” très amère vu la charge de travail, administratif et médical, qui a pesé de plus en plus sur les épaules de chaque agent, chaque soignant de l’hôpital français.

Notons que cette politique de mise en concurrence et de paupérisation du système de santé français a été préconisée, enrobée de jolis mots, dès 2007-2008 par la Commission Attali, dont faisait partie un certain… Emmanuel Macron. Lequel a poursuivi, au gouvernement puis à l’Élysée, ces mesures mortifères.

Malgré ces suppressions massives d’emplois, le salaire des personnels hospitaliers, du médecin à l’auxiliaire en passant par l’aide-soignant et l’infirmier, n’a pas été revalorisé, laissant la France dans les méandres basses du classement de l’OCDE. Après tout, il y a une logique : supprimer des emplois et dégoûter une profession entière de leur travail et leur traitement, donnant lieu à une colère sur le point d’exploser.

Benoit Delrue, le 20 novembre 2020

“Pas de black-out en France” : la ministre de la Transition écologique ne parvient pas à rassurer

A l’extrême, on peut envisager des coupures d’électricité” : la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, envoyée en service commandé ce jeudi 19 novembre sur le plateau de BFMTV, a été obligée de botter en touche quant à la capacité du réseau électrique français à faire face à l’hiver qui vient.

En cause : les travaux de maintenance annuelle des centrales nucléaires françaises, qui fournissent – de loin – la majeure partie de l’électricité consommée dans l’hexagone, n’ont pas pu être réalisés au printemps et à l’été comme il est de coutume de le faire, en raison du confinement et de l’épidémie. Certaines de ces opérations doivent impérativement être conduites dans les prochaines semaines, mais “nous pouvons repousser un certain nombre” d’entre elles, selon la ministre.

Interrogée sur la capacité du réseau à faire face à un climat froid, Barbara Pompili se voulait rassurante sans parvenir à l’être réellement : “Un degré de baisse [de température à l’échelle du pays], c’est deux réacteurs nucléaires” a-t-elle précisé. “Si on est dans les moyennes de saison, ça devrait aller.

Et s’il y a une vague de froid ? “Nous ferons une régulation de la mise à disposition de l’électricité a répondu Barbara Pompili, admettant qu'”à l’extrême, on peut envisager des coupures d’électricité“. Avant de se reprendre : “On n’est absolument pas en Union soviétique“.

Il n’y aura pas de black-out en France” a tenté de rassurer la ministre de la Transition écologique, avant de s’en prendre aux gouvernements précédents, comme les macronistes, frappés d’amnésie quant à leur proximité avec lesdits gouvernements, ont pris l’habitude de le faire : “Pendant des années, on n’a pas fait le travail” sur “les passoires thermiques” notamment. Et de concéder : “Aujourd’hui on est un peu coincé“.

Faisant dans cet exercice office de porte-parole de RTE, l’entreprise gestionnaire du réseau d’électricité, Barbara Pompili a été suffisamment floue pour qu’à l’avenir, si des coupures massives d’électricité venaient à être opérées, le gouvernement puisse dire qu’il avait “tout prévu“.

RTE doit faire des annonces ce jeudi matin sur la qualité du réseau électrique français et sur les conditions dans lesquelles l’électricité pourra être produite et utilisée en cas de vague de froid.

Benoit Delrue, le 19 novembre 2020

Incompétence ou imposture ? Le gouvernement accepte finalement la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune

Le 17 septembre 2020, la direction japonaise du fabricant de pneumatiques Bridgestone annonçait la fermeture de l’usine de Béthune : “c’est l’unique solution” déclarait alors Fusamaro Iijima, un porte-parole du siège nippon contacté par Libération.

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L’actuelle ministre de la Jeunesse s’est fait rembourser des dépenses injustifiées par de l’argent public

La jeunesse doit être la priorité de la relancedéclarait Emmanuel Macron le 14 juillet 2020. Si des fonds du ministère de l’Éducation nationale ont bien été investis dans une obscure association lycéenne pro-gouvernement, de l’argent public a également servi, en 2017, à rembourser des dépenses non-justifiées de la campagne législative de Sarah El Haïry, actuelle secrétaire d’État à la Jeunesse. Pour les lycéens, étudiants et jeunes travailleurs, il faudra encore attendre avant de voir le début de cette “relance“.

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Les lycéens pro-Macron sont arrosés d’argent public, les opposants de gaz lacrymogène

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, le 3 novembre 2020 à l’Assemblée nationale.

La semaine dernière, de nombreux lycéens se sont mobilisés à travers la France pour protester contre les mesures gouvernementales, et particulièrement l’absence de consignes sanitaires protectrices face à des classes surchargées où le virus peut circuler très rapidement. Tant et si bien qu’avec une action coordonnée vis-à-vis des enseignants, un nouveau protocole a été arraché à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, permettant aux lycéens de suivre les cours à distance.

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Aide alimentaire : le gouvernement Macron baisse de 8 millions d’euros les dotations au cœur de la crise

Les associations d’aide alimentaire n’en reviennent pas.

En période de confinement, les Restaurants du Cœur constatent une augmentation de 30% de la demande d’aide alimentaire, tandis que le Secours Populaire Français (SPF) précise que 45% des personnes aidées en 2020 étaient jusque là inconnues de l’association.

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Olivier Véran a donné son feu vert pour obliger des soignants porteurs du virus à travailler en présentiel

Au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nantes, la colère gronde. Des soignants testés positifs au Covid-19 se sont vus obliger de travailler, faute de remplaçants. C’est le syndicat majoritaire CGT qui a tiré la sonnette d’alarme en premier.

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35 élèves par classe, port du masque dès 6 ans… L’impossible protocole dans l’Éducation nationale

Dans l’Éducation nationale, enseignants, parents d’élèves et lycéens se mobilisent face aux conditions à géométrie variable et souvent déplorables dans lesquelles les cours doivent se tenir depuis la rentrée, lundi 2 novembre.

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Sous la Macronie : serrer la vis, la ceinture et les rangs

Macron et son gouvernement serrent à droite, le seul côté dont ils gardent l’ouïe. Ultra-libéralisme, c’est-à-dire soutien enthousiaste de l’État aux monopoles privés comme Amazon et autoritarisme, poussant toujours plus loin les pions de la répression, sont les deux mamelles du « nouveau monde » vendu en 2017 comme un paquet de lessive bio par les médias des milliardaires.

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